Acte de décès de
Hubert de Champy des Clouzeaux,
Seigneur de Villebon,Villejust, La Plesse,
Courtaboeuf, grand et petit Villefeu.


Hubert de Champy était intendant de la marine au département du port de Brest.
Son action au sein de l'arsenal de Brest

Le septième jour de may mil sept cents un messire hubert
De Champy seigneur desclouzeaux intendant de la marine au
département de Brest agé de soixante douze ans decede le jour
précédant a esté enterré dans l'eglise des sept st de Brest sa
paroisse en présence de messire René de Betz de la harteloye
(chevalier ?) de l'ordre militaire de St Louis chef d'escadre des armées
navales du Roy beaufrère de dame claude Dolet espouse du
dit Champy, de messire pierre Louis de Betz enseigne de vaisseau du Roy fils du
dit de la harteloire (signatures ?)
harteloye
de Betz

delaharteloye

Toignard (?)
Recteur de Brest


La rue Desclouzeaux à Brest, relie l’avenue Victor Le Gorgeu à la rue Ch.Chasse, au Ber-got.
Gérard Cissé nous entretient du grand inten-dant que fut Hubert de Champigny Seigneur Des-clouzeaux.

Article paru dans "Le Télégrame de Brest" en Septembre 2002


« Desclouzeaux vient pour la pre-mière fois à Brest dès 1674-1675 pour seconder Chertemps de Seuil récemment nommé intendant. Il était alors officier de marine. Il y reviendra fin 1683.
Il recevra sa commission d’intendant le 12 décembre, succédant ainsi à de Seuil,

« Mon gros ami »
Physiquement, il était semble-t-il très imposant, à tel point que Vauban l’appelait affectueusement « mon gros ami ». Dans sa fonc-tion, il poursuivit l’oeuvre de déve-loppement de l’arsenal, du port et de la ville.
Dès son arrivée, il se préoccupe de la construction d’un hôpital de marine, devant la pauvreté de l’existant. En 168485, fut donc édifié le premier hôpital de la mari-ne qui disposait alors de 234 lits. C’est aussi sous son mandat que fut créée, sur la rive gauche, la for-me de Troulan (bassin Tourville), construite une nouvelle corderie, alors qu’à l’entrée du port, rive droite, s’établissait un nouveau magasin aux vivres. En amont des magasins déjà existants, au nord de la crique de Pontaniou, furent bâtis divers hangars où étaient mis à couvert les mâts des vais-seaux désarmés.

Une longue liste de travaux
« Mais cette liste déjà importante de travaux s’allonge encore. C’est aussi à cette période que fut réali-sé le refuge de la Magdeleine dans lequel il proposa d’enfermer les femmes débauchées, les y fai-sant travailler à la voilerie.
Un bâtiment y abritera aussi la manufacture de toile et le loge-ment des femmes. Dès 1697, il pro-posait d’établir dans l’anse de Porstrein, située au pied de la falai-se sous le Château, un port abri protégé par une ceinture de vieux vaisseaux chargés de pierres et coulés en demicercle.
Il n’était pas le premier et ne sera pas le dernier à vouloir faire admettre qu’un port de commerce distinct d’un port militaire serait bénéfique à la ville.

Un homme de caractère
« De caractère violent et emporté, Desclouzeaux se heurta souvent aux secrétaires d’État, aux admi-nistrations civiles et aux comman-dements de navires. Très jaloux de son autorité, il aurait voulu cumu-ler les pouvoirs de l’intendance de la Marine et d’une intendance civi-le de BasseBretagne. Il trouvait non sans quelques arguments, valables que ces deux autorités se complétaient admirablement et qu'une telle solution eût évité bon nombre de problèmes.
Comme de Seuil, il n’oublia jamais ses intérêts, participant à des armements de vaisseaux, en cour-se avec son beaufrère le Comte de la Harteloire, dans des condi-tions particulièrement avantageu-ses ou bien prévoyant pour les constructions de vastes parcelles lui appartenant.
Desclouzeaux connut le premier l’apogée de Brest, mais aussi son premier déclin puisqu’il ne mourut qu en mai 1701, à un moment où les difficultés financières étaient immenses.
Desclouzeaux aura donc été un très grand intendant Brestois, mais la ville attendra 1966 pour le reconnaître et qu’une rue porte son nom dans un secteur du Brest extramuros ».

Mise à jour le 7 octobre 2002